Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, le souvenir de l’érudit aixois Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637) est encore bien vivant dans les travaux des antiquaires français. Une grande partie de ses manuscrits, conservés dans les années 1670 à Aix chez son héritier et différents collectionneurs, est l’une des raisons du passage de nombreux curieux et savants dans cette ville. Jacob Spon (1647-1685) en est un exemple, puisqu’il retira des manuscrits et de la correspondance du « Prince des curieux »[1] matière à étude pour les inscriptions et les objets antiques, reprise avec profit dans ses publications.
Aperçu des derniers travaux sur Peiresc
Depuis les années 1960, les études sur Peiresc se sont multipliées et ont permis de mieux cerner la richesse de sa vaste correspondance et la variété de ses centres d’intérêt. En matière d’antiquariat, l’engouement de l’érudit aixois allait aux sources matérielles collectées lors de ses voyages en France et en Italie ou envoyées par ses correspondants : artefacts, dessins de monuments ou de reliefs, inscriptions et médailles. Le colloque de Naples de 2006 sur Peiresc et l’Italie[2] a mis en lumière les rapports féconds que le « Prince des curieux » entretenait avec la Péninsule et ses érudits[3]. L’historien américain Peter N. Miller a publié en anglais de nombreux travaux d’intérêt sur Peiresc et ses liens avec le monde méditerranéen. Les derniers travaux d’Elena Vaiani, ont précisé son activité autour des objets antiques, des inscriptions et des monnaies[4]. Si Peiresc ne publia pas ses travaux, il ne s’abstint pas d’écrire des notes et des dissertations manuscrites. Son influence sur les antiquaires français et italiens n’en reste pas moins importante jusqu’au XVIIIe siècle.
La connaissance des manuscrits Peiresc par Jacob Spon
Né en 1647 à Lyon, Jacob Spon n’a pu connaitre l’érudit aixois mort presque neuf ans auparavant. Son père Charles Spon (1609-1684), médecin et helléniste qui correspondait avec de nombreux savants avait été informé par Guy Patin, de la Vie de M. Peiresc écrite par Pierre Gassendi et publiée en 1641[5] attestant d’une réputation encore très grande dans les milieux lettrés.
L’avis de Spon fils sur Peiresc et marqué par le respect au grand homme. Dans le tome III de son Voyage d’Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant (1678) dédié aux inscriptions récoltées pendant son périple entre l’Italie et l’Asie mineure, il le qualifie d’ « incomparable » et de « Patron et génie tutelaire des Sciences & de la curiosité »[6]. Peiresc apparaissait pour ses contemporains comme l’un des principaux érudits de son temps. Il possédait une bibliothèque de plus de 5000 volumes et de plusieurs centaines de manuscrits[7] ainsi qu’un cabinet d’antiquités[8] comprenant, entre autres, la plus importante collection numismatique privée de France avec 17 000 références. A sa mort, la bibliothèque fut acquise par les cardinaux de Retz et Mazarin. Le bibliothécaire du cardinal-ministre Gabriel Naudé acheta aussi une large partie de la collection de manuscrits du savant. Quant à ses papiers, Ismaël Bouilliau récupéra dix recueils de lettres, tandis que deux curieux aixois, le trésorier général de Provence, Honoré Sibon (1625-1686)[9] récupéra 10 volumes de notes, travaux et observations, et l’apothicaire Toussaint Lauthier (1620-1685), 4 volumes de sa correspondance et un nombre indéterminé d’autres liasses.
Les papiers de Peiresc sur les Antiquités conservés à Aix ont peut-être été portés à sa connaissance en 1673 par l’antiquaire Jean Foy-Vaillant (1632-1706) après un séjour à Rome et un voyage au Levant. Une liste des principaux cabinets aixois est citée dans un « Mémoire de plusieurs curieux et antiquaires, dans d’autres villes de l’Europe » à la fin de sa Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon[10]. Spon mentionne, entre autres, le cabinet de Michel Borilli (1620-1688) [11] [12], prieur de Ventabren, héritier des collections de son père Boniface Borilli un ami de Peiresc, pour « toutes sortes de curiosités », celui d’Honoré Sibon, riche en médailles antiques, et celui de Toussaint Lauthier pour ses belles collections d’antiques, de médailles et de manuscrits[13].
Au retour de son voyage au Levant (1674-1676) l’antiquaire lyonnais s’était mis en relation avec un autre curieux aixois, Louis Thomassin de Mazaugues (1647-1712), conseiller au Parlement de Provence. Ce dernier épousa en 1676 une nièce de Peiresc et acquit une large part des papiers de l’érudit, aujourd’hui conservés à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras.
Plus surprenant, Spon a pu posséder quelques manuscrits de Peiresc. En juin 1685, il fait état à son correspondant Claude Nicaise (1623-1701) d’un don de manuscrits sur l’Histoire de l’Église et la généalogie des maisons nobles, deux sujets d’étude de Peiresc :
On m’en offre [des manuscrits] quelques uns de feu M. de Peiresc, mais je ne say s’ils valent quelque chose. On m’y marque Conclavi di Pontifici. / Relation de la cour de Rome / Assises de Jerusalem copiées sur un Ms du Vatican / Chronologie des / ligues des Suisses par le M[aréch]al de Bassompierre / Genealogies de differentes familles de l’Europe.[14]
Ses lettres ultérieures n’indiquent pas s’il les a acceptés ni leur provenance. Les manuscrits sont semble-t-il rapidement passés entre les mains de Louis Thomassin de Mazaugues. Cette conjecture reste à confirmer, mais certaines références citées par Spon sont en effet présentes dans le catalogue partiel des manuscrits de Peiresc que son fils Henri-Joseph Thomassin de Mazaugues fit parvenir à l’antiquaire Bernard de Montfaucon en 1735[15].
La consultation des manuscrits de Peiresc
L’intérêt de Jacob Spon allait aux inscriptions, si possibles inédites, pour compléter l’œuvre majeure d’épigraphie latine de Jan Gruter (1560-1627) Inscriptiones antiquæ totius orbis [16] qu’il souhaitait publier. Son projet n’était pas original puisqu’à Rome vers 1673, un autre antiquaire, le préfet de la Bibliothèque vaticane Joseph Marie Suarès (1599-1677) travaillait aussi à une réédition enrichie de l’ouvrage sur ordre de son patron le cardinal Francesco Barberini (1597-1679)[17]. Le livre ne vit jamais le jour mais l’ambition de compléter voire de dépasser Gruter démangeait plus d’un épigraphiste. La chasse aux inscriptions et la volonté de visiter in situ les ruines et monuments antiques d’Italie incitèrent Spon à accepter en 1674 la proposition de Vaillant de l’accompagner à Rome comme assistant pour collecteur monnaies et statues destinées aux collections royale.
En septembre 1674, les antiquaires avaient convenu de se retrouver à Marseille pour s’embarquer vers Livourne. Vaillant le devança et Spon quitta Lyon au début du mois d’octobre avec l’envie de consulter les papiers de Peiresc. Dans une lettre écrite de Crest le 18 octobre 1674 à son père Charles il lui fait part de sa « passion extreme d’aller copier ce que je trouveray de beau dans les manuscrits de Mr de Peiresc »[18]. Le Lyonnais savait donc chez qui les consulter.
Après avoir être passé à Crest où vivait une de ses sœurs, Marie Spon, et examiné les ruines antiques d’Orange, l’antiquaire fit étape à Aix comme il l’avait planifié. Nous n’avons pas d’indication sur la durée de son séjour, mais il fut plus long qu’escompté et il trouva dans les manuscrits de Peiresc matière à étude :
Cet homme infatigable en avoit laissé près de cent Volumes, ou de sa main, ou de celle de ses Secretaires. Une partie est entre les mains de son héritier. Monsieur Sibon en a dix chez luy. […] Un de ces manuscrits traite des poids & des mesures des Anciens. Un autre n’est que de Genealogies. Il y en a deux qui ne traitent que d’Inscriptions antiques, ce qui étoit de mon goût & qui me convenoit mieux que le reste. Monsieur Sibon me permit d’en tirer ce que je voudrois. J’y en trouvay plus de trois cent qui n’ont pas été imprimées […] [19]
Jacob Spon logea dans deux lieux différents : dans une auberge à 20 sols par jour[20] et chez André, un avocat au Parlement de Provence[21]. Nous ignorons s’il travaillait dans les cabinets de Sibon et Lauthier, mais la mention de l’adresse son hôte dans un des manuscrits laisse penser que ces curieux les lui prêtèrent pour qu’il puisse les consulter chez ce dernier[22].
Nous avons identifié trois recueils de Peiresc provenant de la collection d’Honoré Sibon aujourd’hui conservés à la Bibliothèque nationale de France consultés par l’antiquaire lyonnais : deux recueils d’inscriptions, manuscrits latin 8957 et 8958 et un recueil sur les poids et mesures : manuscrits français 9532. L’antiquaire eut aussi accès grâce à Toussaint Lauthier à un recueil de dessins de reliefs, vases et objets antiques, de Pierre-Antoine Rascas de Bagarris (1562-1620) qui illustrèrent plusieurs de ses dissertations et articles. Ces notes sont intégrées à un recueil composite déposé au département des manuscrits, côte nouvelles acquisitions latines, 2343.
La Bibliothèque nationale possède aussi le « brouillard de voyage » de Spon, manuscrits latin 10810, où il transcrivait inscriptions et objets des manuscrits de Peiresc. L’antiquaire noircit près de 72 pages de son carnet avec 450 inscriptions antiques selon un premier décompte. La comparaison avec les manuscrits 8957 et 8958 montre les choix opérés dans ces manuscrits : Les inscriptions latines ou grecques païennes antiques sont présentes en plus grand nombre que les inscriptions chrétiennes de l’Antiquité tardive.
Peiresc considérait ses recueils comme de véritables outils de travail et liait ses notes et ses croquis aux observations provenant de ses correspondants. Les manuscrits latin 8957 et 8958 renferment pour certaines inscriptions des lettres écrites par son réseau d’amis et d’informateurs : le bibliothécaire du “cardinal patron” Francesco Barberini, Joseph Marie Suarès (1599-1677)[23], par le pasteur nîmois Samuel Petit (1594-1643), par Denis Guillemin (†1637), prieur de Romoules et depuis Tunis Thomas d’Arcos (1568-ap. 1636) dont Spon copia fidèlement une lettre[24]. Concernant les imprimés, les premières inscriptions du manuscrit 8957 proviennent d’une œuvre d’Andrea Alciati (1492-1550), Antiquae inscriptiones veteraque monumenta patriae[25]. On trouve aussi un opuscule imprimé en latin, sans doute assez rare pour que Spon le recopie, du scriptor graecus de la Bibliothèque vaticane, Leone Allacci (1586-1669), Ptolemaei evergetae III Aegypt Regis Monumentum Adulitanum[26] paru à Rome en 1631[27]. Des références à l’ouvrage de Gruter, dont Peiresc possédait un exemplaire[28], sont aussi présentes dans ces recueils. On trouve une liste de 150 inscriptions nîmoises pour lesquelles Spon écrivit prudemment qu’ « il seroit bon de voir si elles sont toutes dans Gruter ou Guiran »[29]. Un de ses correspondants, l’antiquaire nîmois Gaillard Guiran (v. 1600-1680) avait en effet rédigé un ouvrage sur les inscriptions antiques de Nîmes jamais imprimé[30]. C’est lui qui l’avait informé en 1673 du projet de réédition de Gruter par le cardinal Barberini à Rome.
Quant aux dessins sur les poids et mesures antiques contenant des inscriptions du manuscrit français 9532, Peiresc les reçut d’un correspondant romain non identifié. Elena Vaiani les attribue à Claude Ménestrier (v. 1580-1639), l’antiquaire de Francesco Barberini[31]. Ils ont étés recopiés des manuscrits de Pirro Ligorio (v. 1510-1583) conservés à la Vaticane[32] dont Francesco Barberini fut le cardinal bibliothécaire de 1626 à 1633. Peiresc avait noué des liens privilégiés avec les membre de cette grande famille romaine et les savants stipendiés par cette Maison. Spon considérait l’érudit aixois comme un des principaux spécialistes de la science des poids et mesures qu’il nommait « angeiographie »[33]. Il dessina environ 50 objets antiques : poids et des instruments de mesure, vases, lacrymatoires, aiguières et patères des papiers de Peiresc.
La réutilisation des papiers de Peiresc dans les œuvres de Jacob Spon
La récolte d’inscriptions et de dessins amassée à Aix fut réutilisée par Jacob Spon dans tous ses ouvrages sur les antiquités jusqu’à sa mort en 1685. L’auteur reprit de ses notes 58 inscriptions latines et grecques ainsi qu’une vingtaine de dessins d’objets antiques. L’immense majorité proviennent des manuscrits mentionnés : latin 8957 et 8958 et français 9532.
Quelques mois après son retour du Levant à l’été 1676, Jacob Spon publia un petit ouvrage d’épigraphie sur les dieux inconnus, Ignotorum atque obscurorum quorundam deorum arae. Il contient au moins neuf inscriptions issues des manuscrits de Peiresc sans que leur provenance soit toujours citée[34]. Parmi ces inscriptions, figure celle d’une table de bronze du temple d’Apollini Clatrae trouvée apud Faliscos au nord de Rome près de Civita Castellana. Elle est indiquée dans son carnet de voyage[35], reprise dans cet ouvrage et dans les deux éditions de 1679 et 1685 de son œuvre maitresse, les Miscellanea eruditae antiquitatis[36]. Le dessin du relief, absent de son carnet, provient des recueils de Ligorio[37] et n’est reproduit que dans les Miscellanea.
Les emprunts ne se sont pas limités aux inscriptions ni aux poids et mesures. Dans un autre de ses livres, Recherches curieuses d’antiquité publié en 1683, Spon reprend par exemple, une lettre de Peiresc à son protégé, le bibliothécaire érudit Lukas Holste (1596-1661) sur l’inscription d’une bague chrétienne antique en or déterrée près d’Arles[38]. L’antiquaire a mal transcrit la date de rédaction en la plaçant le 6 août 1619, car Peiresc acquit cette bague pour 4 pistoles et demi lors d’un voyage à Nîmes en juillet 1629[39].
Les inscriptions, et dessins d’objets de Peiresc sont surtout réemployées dans ses Miscellanea de 1679. L’auteur annonçait sans ambages ces emprunts en 1677 dans le troisième tome du Voyage d’Italie de Dalmatie de Grèce et du Levant dédié aux inscriptions[40]. Parmi les objets ayant fasciné les deux érudits figure un trépied antique de bronze découvert à Fréjus en 1629. Un érudit local, le chanoine Nicolas Antelmi (†1646), l’avait envoyé à Peiresc pour l’étudier. Peiresc avait sollicité sont vaste réseau de correspondants pour amasser de la documentation sur ces objets[41]. Joseph-Marie Suarès, par exemple, lui envoya de Rome des dessins recopiés de recueils de la Vaticane[42]. L’érudit aixois consigna ses observations dans un « Dissertation sur un trépié antique » resté manuscrite[43] jusqu’à son impression en 1748 par le Père Pierre-Nicolas Desmolets[44]. Spon consulta ce texte en 1674 à Aix et en publia dans ses Miscellanea une sorte de synthèse en latin : « Dissertatio de tripodibus » avec une illustration[45] elle aussi reprise des papiers de Peiresc. Si l’antiquaire lyonnais s’intéressa à cette étude, c’est qu’il la jugeait bonne sur le fond et digne d’être connue des savants.
Peiresc embrigadé dans les controverses de Jacob Spon
Près de quarante ans après sa disparition, Peiresc faisait encore autorité dans la République des Lettre. Jacob Spon s’appuya sur ses travaux dans deux polémiques, l’une savante, l’autre religieuse.
La première controverse l’opposa en 1678-1679 au polygraphe Georges Guillet au sujet de son livre Athènes ancienne et nouvelle paru en 1675[46]. Ce dernier avait donné une description de la ville et des monuments de la cité attique où il ne s’était jamais rendu, en se fondant sur des mémoires manuscrits transmis par des missionnaires capucins. Spon, en route vers le Levant avait reçu cet ouvrage avant de s’embarquer pour le Levant en juin 1675 et le lut avant d’arriver à Athènes pendant l’hiver 1676. Il put en vérifier l’exactitude et relever les erreurs les plus flagrantes qu’il partagea au public dans sa relation de voyage, publiée en 1678[47]. Guillet en prit ombrage et critiqua le livre du voyageur lyonnais et de manière générale l’ensemble de la corporation des antiquaires par un ouvrage polémique : Lettres écrites sur une dissertation d’un voyage de Grèce, publié par M. Spon.
L’antiquaire ne pouvait en rester là et mit sous presse rapidement une Réponse à la critique publiée par M. Guillet sur le Voyage de Grece, où il convoqua la figure de Peiresc pour légitimer ses travaux sur la matérialité antique et défendre sa réputation de savant :
Un petit antiquaire est quelque fois capable d’embarrasser un grand devoreur de Livres. Que n’auroient donc pas fait des Antiquaires du grand Ordre, comme un M. de Peiresk, le plus universel qui n’aît jamais esté sur cette matiere, un Petrus Ligorius, & un M. de Bagarris qui auroient reduit en poudre du moindre souffle tous les faux Critiques & tous les ennemis de la venerable Antiquité ? la raisons de cella est qu’un habile Antiquaire a des armes ausquelles ne sçauroient parer les plus gra[n]ds adorateurs des anciens Auteurs.[48]
Jacob Spon considérait en effet les médailles, inscriptions, et vestiges de l’Antiquité gréco-romaine comme des témoins aussi fiables, sinon plus, que les textes des auteurs anciens parsemés d’erreurs en raison de leur transmission par des copies médiévales fautives. Guillet avait commis deux erreurs : d’une part ne se fier qu’aux textes, qu’ils soient anciens ou récents, et d’autre part de n’être qu’un érudit en chambre, qui ne s’est jamais déplacé en Grèce.
La confiance de l’antiquaire dans la valeur informationnelle des artefacts trouve une illustration par une autre controverse s’insérant dans la controverse religieuse entre catholiques et protestants en France quelques années avant la révocation de l’édit de Nantes. En janvier 1680, le confesseur du roi, le jésuite François d’Aix de la Chaize (1624-1709), que Spon avait connu à Lyon autour de leur passion commune pour l’Antiquité et les médailles, le pressa de se convertir par une lettre devant rester privée :
Je souhaite plus ardamment, que je ne puis vous l’exprimer, qu’estant aussi eclairé que vous estes, vous profitiez de vos propres lumières, et que vous servant des connoissances de l’antiquité pour l’avantage le plus solide que vous en puissiez retirer, vous repariez le malheur que vous avez eu de naistre parmy les nouveautez, et mettiez vote conscience en repos, et votre salut en asseurance. Il faut que vous me pardonniez du moins les vœux ardens que je fais souvent pour cela, et la sincerité avec laquelle vous en parle cœur a cœur et en secret […][49]
Le médecin lyonnais prit très mal cette tentative de conversion et répondit par une lettre mobilisant, entre autres, des « preuves » matérielles des erreurs de l’Église catholique tirés des papiers de Peiresc. L’érudit aixois faisait grand cas d’un nummus en bronze de l’empereur Constantin Ier portant la légende BEATA TRANQVILLITAS. La monnaie fut frappée vers 325 dans plusieurs ateliers monétaires de l’Occident romain (Lugdunum, Londinium, Augusta Trevorum…) pour commémorer les Vicennalibus : le 20e anniversaire de la nomination de Constantin comme César en juillet 306. Le globe marque symboliquement la vocation universelle du règne de l’empereur. L’un de ses correspondants, Le Batelier d’Aviron lui demanda son avis[50] sur cette monnaie et l’érudit lui répondit par une dissertation.
[…] ce revers nous represente le changement de religion payenne en la chrestienne et que au lieu que les precedans Empereurs et luy mesme estant encore payen afin de donner plus de respect et maiesté a leur monnoyes y faoisien graver les ydoles de leurs faux dieux estnant nouvellement Inluminé par la foy, a mesme effect, y fit representer le principal mystere de la religion Chrestienne qui est le divin sacrifice qui se faict en la S[ainc]te messe et le sacrement de l’eucharistie, qui sy consacre[51].
L’antiquaire protestant lu ce texte et reprit dans sa lettre à La Chaize l’explication de Peiresc pour mieux la critiquer :
Ce que je vais vous dire est encore plus surprenant, c’est que Monsieur de Peyresk ce bel esprit pour qui les savans ont une extreme veneration pretendoit avoir trouvé la Messe dans les Medailles ; ses manuscrits me sont tombez entre les mains et j’ay de quoy les justifier ; la Medaille mesme dont il s’agit n’est pas si rare qu’on pourroit se l’imaginer, et il n’y a gueres de curieux qui ne l’ait veuë, il croyoit donc que la Medaille de Constantin qui a pour revers une espece d’Autel et un rond dessus, cette inscription Beata Tranquillitas, fust une representation du S[ain]t Sacrement de l’Autel et que ce rond fut la S[ain]te Hostie. Il fait la dessus une dissertation de quatre ou cinq pages, et prouve son opinion par des raisons qu’il croit incontestables ; mais il se trouve par malheur, qu’un petit Antiquaire nullement prevenu de l’antiquité de se servir de l’Hostie dans l’Eucharistie, et qui sera si vous voulez celuy qui vos ecrit a pris garde que ce rond n’étoit pas autre chose, que le Globe du monde assis sur une baze pour marquer son bonheur et sa Tranquillité sous l’Empire de Constantin ; cela est aisé à reconnoistre, lors que la médaille se trouve nette, ce que n’étoit peut-etre pas arrivé à Monsieur de Peyresk, car on remarque distinctement sur ce Globe, le zodiaque et des planetes au dessus, ce qui ne laisse aucun doute à le prendre pour le globe du monde. [52]
En contestant l’interprétation « catholique » de Peiresc du monnayage impérial tardif, Spon met en avant les erreurs de l’Église romaine par rapport à ses rites et ses propres dogmes.
Les travaux des antiquaires catholiques, la plupart ecclésiastiques au temps de Spon, sont encouragés et valorisés. Ils permettaient de légitimer le magistère de l’Eglise romaine et sa vocation universelle contestée sur le plan temporel par l’affirmation politique des grandes monarchies européennes, et sur le plan spirituel par les Églises nées de la Réforme[53]. Mais la réponse de Spon au Père La Chaize ne s’inscrit pas dans une démarche intellectuelle durable de sa part. L’antiquaire lyonnais n’avait aucune volonté de s’engager dans la dispute théologique entre les deux confessions comme il l’écrivait en 1683 à Claude Nicaise :
Pour ce qui concerne la lettre au P[ere] L[a] C[haise], je ne songe point à aucune replique quoiqu’on m’ait deja fait quatre réponses imprimées[54] : et je conviens avec vous que dans la conjoncture des affaires le meilleur est de ne pas parler de controverse : outre que ce n’est pas mon mestier, et que ce que j’ay fait, je l’ay fait cavalierement, sans pretendre entrer en lice avec qui que ce soit.[55]
Sa réponse est un écrit de circonstance qui répondait à un double objectif. Le premier était de défendre l’authenticité et l’ancienneté sa foi réformée en reprenant les arguments de foi du pasteur Jean Claude imprimés dans un ouvrage de 1673, La Défense de la réformation[56], tout en convoquant comme témoins des erreurs et des variations de l’Église catholique les inscriptions et monnaies. Le second était, encore une fois de prouver sa légitimité de savant antiquaire par l’interprétation de ces « traces » judicieusement choisies et parfaitement compris du Père La Chaize. Il s’agit d’un texte unique dans l’œuvre de Spon qu’on ne trouve à notre connaissance chez aucun de ses coreligionnaires antiquaires en France dans les années 1670-1680.
Pour conclure : une filiation antiquaire ?
Si on ne considère que les emprunts et mentions de Peiresc dans les œuvres de Spon, la filiation peut paraitre évidente. L’antiquaire lyonnais a profité des travaux de son prédécesseur pour illustrer ou faire progresser ses études en épigraphie latine et grecque. La curiosité est un domaine les liant par-delà les années. Pour le médecin lyonnais qui se définissait lui-même comme un curieux, « la curiosité presuppose ignorance »[57], elle n’a d’autre but que de l’instruire sur le passé :
[…]si j’estois veritablement savant, je n’aurois que faire de chercher avec tant de soin & de curiosité les medailles, les inscriptions, les statues & les bas reliefs qui sont autant de livres de leur sorte qui nous peuvent instruire de quelque point d’histoire, de Geographie & de Philologie[58].
Au-delà de l’intérêt pour la rareté et le caractère extra-ordinaire des témoignages matériels antiques, les deux érudits s’attachaient à leur valeur documentaire sur l’Antiquité romaine.
La spécialisation de Jacob Spon sur la matérialité antique le distingue toutefois de l’activité intellectuelle encyclopédique de Peiresc dans des disciplines aussi variées que la botanique, la géologie, la zoologie, la médecine, en particulier à l’anatomie, à l’astronomie, au droit, à l’Histoire (de France, de Provence, de l’Église) aux généalogies, les langues et bien sûr l’antiquarisme. Spon est guidé par une « herméneutique de l’objet » fondée sur une méthode d’observation et d’interprétation préfigurant les travaux de Bernard de Montfaucon (1655-1741)[59] trente ans plus tard. Le Lyonnais est l’un des premiers à avoir formalisé une définition de l’antiquarisme, aussi dénommé « archéographie », comme l’étude des sociétés passées par ses traces matérielles. Il inventorie, manipule, classe, catégorise et partage au public ses travaux par ses publications.
La filiation réside peut-être davantage dans la manière de « partager » les savoirs que dans la manière de « produire » de la connaissance. Chez Peiresc, elle se manifeste par l’épistolarité, avec un style d’écriture qui est le sien fait de simplicité et d’agrément pour présenter, décrire et interpréter ses objets d’études à ses correspondants[60]. On retrouve un style littéraire analogue dans les ouvrages publiés en français par Jacob Spon, à la charnière d’un milieu savant antiquaire publiant en latin et d’un public de curieux amateurs d’antiquités et de belles lettres. Son Voyage d’Italie, de Dalmatie, de Grèce et du Levant est à ce titre parfaitement révélateur de cette continuité : la matière curieuse dont le public lettré est friand est mise au premier plan : les descriptions des mœurs grecques et turques, les dangers de la navigation, la présentation des reliefs escarpés de Grèce révèlent à son lectorat un monde inconnu qu’il met à sa portée en s’en faisant le guide [61]. L’antiquarisme est noyé dans le récit, quand il n’est pas relégué, pour les inscriptions à sa marge, dans le troisième tome.
Le sujet n’est de toute façon pas épuisé et mériterait des recherches supplémentaires à Paris et Carpentras pour appréhender de manière plus complète l’influence de Peiresc chez Jacob Spon et les antiquaires du dernier tiers du XVIIe siècle.
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[1] Pierre Gassendi, Viri illustris Nicolai Claudii Fabricii de Peiresc, senatoris aquisextiensis vita, Parisiis, sumptibus S. Cramoisy, 1641, 404 p.
[2] Marc Fumaroli (éd.), Peiresc et l’Italie : actes du colloque international, Naples, 23 et 24 juin 2006, Paris, Alain Baudry & Cie, 2009.
[3] Peter N. Miller, Peiresc’s Europe : Learning and Virtue in the Seventeenth Century, New Haven, Yale University Press, 2000, ouvrage traduit et publié en français en 2015 chez Albin Michel sous le titre L’Europe de Peiresc. Savoir et Vertu au XVIIe siècle ; Peiresc’s Orient: Antiquarianism as Cultural History in the Seventeenth Century, Farnham, Ashgate publishing, 2012.
[4] Elena Vaiani, « Nicolas Fabri de Peiresc, Claude Menestrier e Cassiano dal Pozzo. Qualche esempio della fortuna delle piccole antichità tra Roma e Parigi » in Marc Fumaroli (dir.), Peiresc et l’Italie : actes du colloque international. Naples le 23 et le 24 juin 2006, Paris, Alain Baudry & Cie, coll.« République des Lettres, République des Arts », 2009, p. 157_186 ; « Un correspondant du passé. Les manuscrits de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc », in Véronique Krings (éd.), L’antiquité expliquée et representée en figures, de Bernard de Montfaucon, Bordeaux, Ausonius éditions, coll.« Scripta receptoria », n˚ 19, 2020, p. 151‑190 ; « Peiresc and the coins through his correspondence », François de Callataÿ (éd.), Numismatic antiquarianism through correspondence (16th-18th c.), New York, American Numismatic Society, 2023, p. 173-187.
[5] Capron Loïc (éd.), Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. Lettre de Guy Patin à Charles Spon datée du 2 mars 1643. URL=https://numerabilis.u-paris.fr/editions-critiques/patin/?do=pg&let=0077
[6] Jacob Spon, Voyage d’Italie, de Dalmatie de Grèce et du Levant fait aux années 1675 et 1676, [VIDGL], Lyon, Antoine Cellier, 1678, t. III, p. 12.
[7] Deux catalogues manuscrits de la bibliothèque de Peiresc sont conservés à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence, Ms 1218 ; et à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, Ms 640. Le premier est une copie incomplète du second.
[8] Agnès Bresson, « Le cabinet de Peiresc et de quelques autres », in Peiresc mundi, sans date, URL=https://www.peiresc.org/static/A.S.B.L./Cabinet-Peiresc.html
[9] Et non un « apothicaire » comme nous l’avons marqué par erreur dans un de nos articles.
[10] Jacob Spon, Recherche des antiquités et curiosités de la ville de Lyon, ancienne colonie des Romains & capitale de la Gaule celtique. Avec un Mémoire des principaux antiquaires & curieux de l’Europe, A Lyon, de l’imprimerie de Jaques Faeton, 1673.
[11] Une lettre du 24 mars 1673 de Charles Patin à Jacob Spon indique la mention du cabinet de Boniface Borilly d’Aix, connu « de réputation seulement » par le médecin exilé. Paris, Bibliothèque nationale de France [BnF], ms NAF 24171, f° 10.
[12] Voir la description des collections par Antoine Schnapper, Le Géant, la Licorne, la Tulipe. Collections françaises au XVIIe siècle I – Histoire, Histoire naturelle , Paris, Flammarion, 1988, p. 241-242.
[13] Voir la description des collections de Lauthier et de Borilly dans VIDGL., t. I, p. 10-12.
[14] BnF, ms fr. 9360, f°311r, lettre de Jacob Spon à Claude Nicaise du 4 juin 1685.
[15] Le catalogue des manuscrits de la bibliothèque de Peiresc dressé après sa mort est conservé à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras, ms 640 sur lequel s’est fondé la copie incomplète d’Henri-Joseph Thomassin de Mazaugues un siècle plus tard, conservé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix-en-Provence, ms 1218. Voir E. Vaiani, « Un correspondant du passé. Les manuscrits de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc »…, art. cit.
[16] Une partie de ce travail est conservé à la Bibliothèque nationale de France, Supplément grec 1077. Spon réutilisa son matériau pour ses Miscellanea eruditae antiquitatis en 1679.
[17] Renseignement donné à Jacob Spon par l’antiquaire nîmois Gaillard Guiran dans une lettre du 8 juillet 1673. Lyon, Bibliothèque de la Part-Dieu, ms fonds général 1720, l. 36. « Comme Monsr [Samuel] Sorbiere m’a rendu témoignage en quelque Epistre qu’il a ecrit a Monsr de Veison [Joseph Marie Suarès] lequel estant employé par quelque Cardinal pour faire reimprimer le Gruterus et y ayant mandé quelques unes de nos pierres avec l’interpretation, il les a jugées si bonnes que il les a faites inserer dans le Gruterus que l’on imprime derechef a Rome en 2 grands volumes[17] dont il m’a promis de me faire tenir un Exemplaire qui me sera porté a ce que ie crois a la premiere com[m]odité. »
[18] BnF, ms NAF 4816, f° 115, lettre de Jacob Spon à Charles Spon du 18 octobre 1674.
[19] Jacob Spon, VIDGL, t. I, p. 12-13.
[20] BnF, ms lat. 10810, f° 97v. URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9080764v
[21] Mentionné dans une marge de feuillet de BnF, ms lat. 8958, f° 105v.
[22] Jacob Spon, VIDGL, t. I, p. 15.
[23] BnF, ms lat. 8958, f°351r-352r Lettres de Joseph-Marie Suarès à Nicolas-Claude Fabri de Peiresc du 9 mai 1625 et du 25 février 1635, f° 219r-220v.
[24] BnF, ms lat. 8957, f° 217r-v ; ms lat. 10810, f° 21r : copie de lettre de Thomas d’Arcos à Nicolas-Claude Fabri Peiresc du 2 avril 1632.
[25] BnF, ms lat. 10810, f°8 ; voir aussi le manuscrit de cette œuvre rédigé de plusieurs mains : BnF, NAL 1149 [en ligne] URL=https:///gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10038195p/f1.item
[26] Leone Allacci, Ptolomaei Euergetae III. Ægypt. regis Monumentum Adulitanum Leo Allatius nunc primum edidit, & Latine vertit., Romae, ex typographia Iacobi Mascardi, 1631.
[27] BnF, ms lat. 8958, f° 145r-148v ; copie manuscrite dans le carnet de voyage de Spon : ms lat. 10810, f°19v-21v.
[28] Voir Henri Omont, « Les manuscrits et les livres annotés de Fabri de Peiresc », in Annales du Midi, 1889, 1-3, p. 331. DOI : https://doi.org/10.3406/anami.1889.2952
[29] BnF, ms lat. 10810, f° 64v.-67r.
[30] Nîmes, Bibliothèque du Carré d’Art, ms 107-1, « Antiquitates et inscriptiones Nemausenses », URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100150891
[31] E. Vaiani, « Nicolas Fabri de Peiresc, Claude Menestrier e Cassiano dal Pozzo. Qualche esempio della fortuna delle piccole antichità tra Roma e Parigi »…, art. cit., p. 158.
[32] BnF, ms fr. 9532, f°82r-f° 92r.
[33] Jacob Spon, Réponse a la critique publiée par M. Guillet sur le Voyage de Grece de Iacob Spon. Avec quatre lettres sur le mesme sujet, le Iournal d’Angleterre du sieur Vernon, & la liste des erreurs commises par M. Guillet dans son Athenes ancienne & nouvelle, A Lyon, Chez Thomas Amaulri, 1679, p 70-71.
[34] Jacob Spon, Ignotorum atque obscurorum quorundam deorum arae, nunc primum in lucem datae notisque illustratae, studio Jacobi Sponii, Accesserunt epistolae inter Sponium et eruditos viros de praecedentibus inscriptionibus, Lugduni, typis J. Faeton, 1676, 119 p.
[35] Ibid., p. 28. Voir le Corpus Inscriptionum latinarum (CIL) XI, 350. et le carnet de voyage de Spon, BnF, ms lat., 10810, f°29v.
[36] Jacob Spon, Miscellanea eruditae antiquitatis sive supplementi Gruteriani, Genève-Venise, Jean-Hermann Widerholdt-Francesco Rota, 1679, p. 87.
[37] Voir Gigliola Gentile, I Barberini e le stampe : analisi di un fondo di matrici dell ’Instituto Centrale par la Graphica, Roma, Thèse de doctorat de l’Université de Rome, 2019, p. 468-470.
[38] Dixième Dissertation : Sur l’Inscription suivante d’une Bague Antique : TECLA VIVAT DEO CVM MARITO SEO : Dans une lettre de Monsieur de Peiresk à Monsieur Holstenius Bibliothecaire du Vatican écrite du 6 août 1619 [1629] », in Jacob Spon, Recherche curieuses d’Antiquité, Lyon, Thomas Amaulry, 1683, p. 169-174.
[39] Philippe Tamizey de Larroque (éd.), Petits mémoires inédits de Peiresc, Anvers, Veuve de Backer, 1889, p. 94. Cet ouvrage exploite le « registre de lettres écrites par Peiresc à ses correspondants (1622-1632) » déposé à la BnF, ms NAF, 5169.
[40] Jacob Spon, VIDGL, 1678, tome III, p. 8-9.
[41] Voir les lettres conservées à la Bibliothèque nationale de France, ms fr. 9530, f°291-315.
[42] BnF, ms fr 9530, f°294r-295r, lettre de Joseph Marie Suarès à Nicolas Claude Fabri de Peiresc du 22 janvier 1632.
[43] Le manuscrit de la dissertation et les dessins qui lui sont liés sont conservés à la Bibliothèque nationale de France, ms fr. 9530, f° 268-274.
[44] « Dissertation sur un trépié antique. Par M. de Peiresc », in Pierre-Nicolas Desmolets (éd.), Memoires de littérature et d’histoire, Paris, chez Nyon fils, 1749, vol.10, p. 243‑277. Sur Peiresc et ce trépied : Anthony Ossa-Richardson, « Nicholas Peiresc and the Delphic Tripod in the Republic of Letters », Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, LXXIV, 2011, p. 263‑279.
[45] Jacob Spon, Miscellanea, op. cit., p. 118-120. « hancque dissertationem fere totam ex Peireskii schedis. »
[46] Georges Guillet, Athènes ancienne et nouvelle Et l’estat present de l’empire des Turcs, contenant la vie du sultan Mahomet IV. Le ministere de Coprogli Achmet Pacha, grand vizir. Ce qui s’est passé dans le camp des Turcs au siege de Candie. Et plusieurs autres particularitez des affaires de la Porte, A Paris, chez Estienne Michallet, 1675.
[47] Jacob Spon, VIDGL, t. I et II.
[48] Jacob Spon, Réponse à la critique publiée par M. Guillet sur le Voyage de Grèce de Jacob Spon, Lyon, A Lyon, chez Antoine Celier fils, 1679, p. 72-73. Voir l’article de David Chataignier sur la banque de données AGON [2016] pour une présentation de cette querelle et de ses enjeux. URL=https://obtic.huma-num.fr/agon/querelles/querelle-guillet-spon
[49] BnF, ms fr 9359, f° 393, copie d’une lettre de François d’Aix de La Chaize à Jacob Spon du 2 janvier 1680.
[50] BnF, Dupuy 667, f° 81r-v : copie d’une lettre de Batelier d’Aviron à Peiresc écrite d’Evreux du 5 février 1618 et « Discours de Mr. d’Aviron sur le revers de quelques medailles de bronze de Constantin et de ses enfans », f° 83r-87r. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525201959
[51] BnF, ms NAF 1209, f°27r-30r, « Recueil n°4, 11me pièce. ». Pour le passage cité : f° 28r.
[52] BnF, ms NAF 24155, f°507-523, copie d’une lettre de Jacob Spon au Père La Chaize du 13 janvier 1680.
[53] Maria Pia Donato, « Théologiens, savants, érudits : images et réalités dans la Rome de la fin du XVIIe siècle », Mélanges de l’école française de Rome, 1-132, 2020, p. 107‑119.
[54] Voir la lettre du 20 décembre 1684 adressée à Pierre Bayle, ainsi que la note 10 de la lettre 371 de la Correspondance de Pierre Bayle, Oxford, Voltaire Foundation, t. V. URL=https://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-371-Jacob-Spon-a-Pierre
[55] BnF, ms fr 9360, f° 288-289, Lettre de Jacob Spon à Claude Nicaise du 8 juillet 1683.
[56] Jean Claude, La défense de la réformation contre le livre intitulé “Préjugez légitimes contre les calvinistes”, Quevilly, Jean Lucas, 1673.
[57] Carpentras, Bibliothèque Inguimbertine, ms 439, t. 1, f°28-29, lettre de Jacob Spon à Louis Thomassin de Mazaugues du 26 juin 1677.
[58] Ibid.
[59] Marcus Käfer, « Jacob Spon et Bernard de Montfaucon. De la conception de l’Art chez les antiquaires et la critique du comte de Caylus », Bulletin de l’Association Guillaume Budé, 1983, p. 414‑426.
[60] Julien Gominet-Brun, « Un grand amateur de sciences au XVIIe siècle : Nicolas-Claude Fabri de Peiresc et l’écriture des savoirs », Elseneur, 38, 2023, p. 35‑48. DOI : https://doi.org/10.4000/elseneur.1408
[61] Voir l’éclairant article de Fiona McIntosh-Varjabédian, « Jacob Spon et George Wheler : redécouvrir un monde devenu inconnu », in Florence D’Souza (éd.), Des voyages vers l’inconnu entre 1630 et 1880, Louvain-la-Neuve, EME éditions, coll.« Histoires en Mouvement », 2016, p. 43‑59.
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Sources citées
Sources manuscrites (dans le texte et en notes)
Aix-en-Provence, Bibliothèque Méjanes
Ms. 1218 : Catalogue de la bibliothèque de Peiresc.
Carpentras, Bibliothèque Inguimbertine
Ms. 439, t. 1 : Recueils de lettres autographes écrites pour la plupart à M. Thommasin de Mazaugues
Ms. 640 : Catalogue des livres tant imprimés que manuscrits se trouvant dans la chambre de Peiresc et dans les autres pièces de sa maison, à l’époque de sa mort. Inventaire posthume de la Bibliothèque de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc.
Lyon, Bibliothèque de la Part-Dieu
Ms fonds général 1720, l. 36, lettre de Gaillard Guiran à Jacob Spon du 8 juillet 1673.
Nîmes, Bibliothèque du Carré d’Art
Ms. 107-1 : « Antiquitates et inscriptiones Nemausenses » [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100150891
Paris, Bibliothèque nationale de France
Ms. Dupuy 667 : Recueil de dissertations et de notes relatives à la numismatique, à la glyptique et à l’épigraphie antiques. — Nombreux dessins, provenant du cabinet de Peiresc. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525201959
Ms fr. 9359-9360 : Correspondance de l’abbé Nicaise, chanoine de la Sainte Chapelle de Dijon (1660-1701), t. I-II. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9072498z ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90652392
Ms fr. 9530 : Papiers et correspondance de Claude Fabri de Peiresc. Recueil de dessins et notices de monuments et d’objets antiques, égyptiens, grecs, romains et du moyen-âge : statues, bas-reliefs, monuments divers, pierres gravées, objets d’art, inscriptions, miniatures de manuscrits, etc., d’Orient, d’Italie, de France, etc. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52523635r
Ms fr. 9532 : Recueil de notes sur les poids et mesures de l’antiquité et du moyen-âge, avec dessins. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52521456k
Ms lat. 8957-8958 : Recueil de Peiresc, contenant différentes antiquités et inscriptions de l’Italie et la France. Il commence par une collection intitulée: “Monumentorum veterumque inscriptionum quae cum Mediolani tum in ejus agro adhuc extant collectanea, A. Alciato auctore” [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9066768t ; https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10034267b
Ms lat. 10810 : Carnet de Spon, contenant des inscriptions. 1674-1679 [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9080764v
Ms NAF 1209 : Papiers de Nicolas Fabri de Peiresc, relatifs à diverses antiquités. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525193215
Ms NAF 4816 : Recueil de lettres originales, autographes ou signées, de personnages divers, la plupart français, classées par ordre alphabétique, du XVIe au XIXe siècle.
Ms NAF 5169 : Correspondance de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, t. I.
Ms NAF 24155 : Lettres et documents autographes réunis par Pierre Champion.
Ms NAF 24171 : Lettres de divers érudits adressées à Charles et Jacob Spon (1650 à 1681). [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10086972d
Ms NAL 1149: Andreae Alciati Mediolanensis, jurisconsulti, antiquae inscriptiones veteraque monumenta patriae [en ligne] URL=https:///gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10038195p/f1.item
Ms NAL 2343 : Recueil d’antiquités : inscriptions, bas-reliefs, statues, statuettes, vases, objets divers, médailles, sarcophages, peintures des catacombes, etc. [en ligne] URL=https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52520083m
Ms Supp Gr. 1077 : Recueil d’inscriptions grecques et latines constitué par Jacob Spon
Autres sources disponibles en ligne
Capron Loïc (éd.), Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits,– Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. Lettre de Guy Patin à Charles Spon du 2 mars 1643. [en ligne] URL=https://numerabilis.u-paris.fr/editions-critiques/patin/?do=pg&let=0077
Labrousse Elizabeth, McKenna Antony et al., Correspondance de Pierre Bayle, Oxford, Voltaire Foundation, t. V, août 1684-fin Juillet 1685, 2007, l. 371 [en ligne] URL=https://bayle-correspondance.univ-st-etienne.fr/?Lettre-371-Jacob-Spon-a-Pierre
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Yves Moreau (26 mai 2026). « Ex Schedis Peyreskii ». L’emploi des papiers de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc dans les œuvres de Jacob Spon. Antiquarisme. Consulté le 9 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16a0z






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